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Fiche pédagogique - Next Option Nr 6        


QUELLES STRATEGIES POUR UNE ANTICIPATION DE BAISSE ?


ACHAT D’UN PUT

La stratégie la plus connue et la moins risquée des stratégies baissières est l’achat d’options de vente (puts). Elle est symétrique à l ’achat d’options d’achat (calls). Son avantage est de limiter le risque au montant investi, c’est-à-dire à la prime payée x quantité négociée x quotité (10 titres en général sur les options sur actions du Monep). En contrepartie de ce montant, les gains peuvent être théoriquement illimités.
Cette stratégie se met en place lorsque l’investisseur anticipe une baisse rapide et importante du cours de l’action sous-jacente. En cas de hausse des cours, sa perte est limitée à la prime versée.
Cette stratégie permet aussi de fixer, à l ’avance, le prix de vente d’un titre que l’on détient en portefeuille.
L’achat de put confère à son acheteur la possibilité de vendre le support au prix d’exercice jusqu’à l ’échéance (option de type américain) ou à l ’échéance (option de type européen).
En cas d’une forte baisse des cours, l’acheteur sera bénéficiaire de la différence entre le prix d’exercice et le cours de l’actif sous-jacent. Si le support venait à monter, l’acheteur de put n’exercerait pas son droit et perdrait la prime.
Le prix (ou prime) d’un put varie en sens inverse du prix de l’actif sous-jacent. L’achat d’un put est caractérisé par un delta négatif (réaction négative de la prime à la hausse du titre), un gamma positif (réaction positive du delta à la hausse du titre), un thêta négatif (réaction négative de la prime au temps qui passe) et un véga positif (réaction positive de la prime à la hausse de la volatilité).
Un opérateur peut préférer spéculer sur l’achat d’un put plutôt que sur la vente de l’actif parce que le risque est limité à la prime et la rentabilité peut être plus forte que sur la vente de l’actif dès que le cours baisse suffisamment.
Lorsque le marché est baissier mais que l’opérateur veut conserver sa position en actions (ses titres), il achète un put qui lui procure un gain net lorsque le cours de l’actif baisse en dessous du point mort. L’opérateur peut aussi vouloir bloquer un prix de vente maximum de l’actif au prix d’exercice diminué de la prime du put.
Plus la baisse est rapide et sensible, plus l’investisseur doit choisir un put " en dehors de la monnaie " et à durée de vie courte.Toutefois, l’acheteur devra se méfier, d’une part, d’une volatilité trop élevée qui entraînera un coût important de l’option et d’autre part du temps qui reste avant l’échéance.

ACHAT D’UN PUT SPREAD

L’achat de put spread consiste en l’achat d’un put à prix d’exercice plus élevé (prime plus importante) simultanément compensé par la vente d’un autre put de prix d’exercice inférieur (prime moins importante). La vente du second put amortit le coût de la stratégie, mais limite également le gain.

Le bénéfice maximal est obtenu lorsque le cours de l’actif passe au-dessous du prix d’exercice inférieur.

Dans ce cas, les deux options sont exercées et le négociateur peut considérer la différence entre les prix d’exercice comme un bénéfice. Le profit total correspond à la différence entre les prix d’exercice diminuée des dépenses nettes lors de la prise de position.

C’est une stratégie de baisse modérée du cours de l’actif.

Dans ce type de stratégie, l’influence de la volatilité est réduite (les effets de la volatilité se compensent).

Le choix de l’intervenant se portera sur l’achat d’un put de prix d’exercice à la monnaie (proche du cours de l’action) et sur la vente d’un put en dehors de la monnaie (valeur intrinsèque nulle).

Le gain maximum correspond à la différence entre les deux prix d’exercice moins le versement initial. Il y a une perte maximale lorsque le cours de l’actif dépasse les deux prix d’exercice à la baisse. La perte correspond à la différence entre la prime du put acheté et la prime du put vendu.

Cette stratégie baissière permet à l ’intervenant de limiter son risque en cas de forte chute de la valeur support. En vendant un put, l’opérateur se soumet au système de couverture.

La vente de put, bien que risquée et onéreuse en appel de couverture, n’est pas dangereuse si l’investisseur dispose des fonds nécessaires à l’achat des titres sous-jacents en cas d’exercice. Cela fait d’elle une stratégie plutôt réservée aux institutionnels.

VENTE D’UN CALL

La vente d’un call est une stratégie risquée mais rentable sur le long terme. Son risque est limité lorsque l’investisseur dispose des titres en portefeuille : on parle alors de vente de call " couverte ". Cette stratégie est réservée, sauf cas exceptionnel, aux institutionnels disposant de fonds importants leur permettant d’assurer la couverture.

Toutefois, la vente de call " couverte " est parfois utilisée par les particuliers. Elle consiste à vendre un call sur une ligne de x titres acquis précédemment (couverture de position). En cas d’exercice, le particulier possédant les titres, sera obligé de les vendre au prix d’exercice convenu. Les titres détenus peuvent servir de couverture lors de la prise de position en options

Certains intermédiaires acceptent la garantie de la position par l’apport de titres suffisants en couverture sans exiger de garantie supplémentaire. Le gain net du vendeur de call est opposé à celui de l’acheteur : il gagne ce que l’autre perd. Il gagne lorsque le cours de l’actif est inférieur au point mort. Son gain est plafonné au prix de l’option, alors que sa perte peut être illimitée.

Une stratégie de call vendu est caractérisée par un delta négatif, un gamma négatif, un thêta positif et un véga négatif. La vente d’un call est une stratégie qui correspond à une évolution neutre ou légèrement baissière du cours de l’actif (si la baisse anticipée est importante il est préférable d’acheter un put) Le vendeur doit choisir :

  • la date d’échéance : le vendeur essaie de gagner la valeur temps,

  • le prix d’exercice : " out " ou " at " (attention à l ’exercice).

Le prix d’exercice doit être supérieur au cours anticipé de l’actif. La vente d’un call à la monnaie (at) permet d’encaisser une valeur temps plus importante. Seul le vendeur est tenu de verser une couverture.

TUNNEL BAISSIER

Le tunnel baissier se traduit sur une même échéance par l’achat d’un put " en dehors de la monnaie " et par la vente d’un call " en dehors de la monnaie ", le prix du support se situant entre les deux prix d’exercice.

Si le cours progresse en deçà du prix d’exercice du put, l’investisseur est gagnant sur le put qu’il peut revendre plus cher et sur le call qu’il peut racheter moins cher. Si le cours du support reste à l’intérieur des deux bornes, la position sera nulle.

Si le cours monte au-delà du prix d’exercice du call, la stratégie sera perdante et le risque de perte sera illimité (sans oublier le risque d’exercice).

L’investisseur est perdant sur le put, dont la valeur de rachat est proche de zéro, et sur le call qu’il devra racheter à un cours supérieur au prix de vente.

31/03/2003